** Je crois que si on devait distinguer parmi les artistes contemporains celui ou celle qui en aura le plus bavé le long de sa carrière, Lorie tâterait de très près la pôle position (derrière Cindy Sander et Rebecca Black, la question étant de savoir si oui ou non on peut qualifier ces deux attractions de foire comme ‘artistes’ au sens propre). D’abord idoles des 4-10 ans (et encore je suis gentil), l’ex de Garou s’était vu contrainte il y a maintenant quatre ans de s’initier à la tecktonik, dans l’espoir de rester dans la tendance actuelle, chose qui avait attisé les moqueries et insultes les plus blessantes envers la pauvre fille. Ça ne lui aura visiblement pas servi de leçon étant donné qu’elle nous aura sorti quelques mois après pour la meilleure chanson de son album ‘2Lorenmoi’ un clip qui ressortait comme une pâle copie de la vidéo de ‘Disturbia’ de Rihanna. Là aussi, les injures avaient été omniprésentes, face à une Lorie également contraintes d’endurer tous ces propos exagérés. Alors oui, Lorie c’est pour les petit, oui sa voix de fillette coincée est insupportable, oui ses chansons sont ringardes (et oui ‘Ma meilleure amie’ même si c’est de la merde on a tous dansé dessus) mais il faut avouer que le changement assez particulier qu’elle nous présente en 2011 intrigue plus qu’autre chose. D’accord, le premier single était assez niais, toujours à cause de la voix de la belle et empestait le commercial, mais on sentait une certaine évolution visible grâce aux paroles et même à la mélodie (d’un autre côté il en était peut-être temps). Dans cette optique, j’ai ainsi abordé ce sixième album studio, afin de voir l’étendue que cette évolution pourrait prendre. Hélas, pas grand chose ne ressort de ce projet aux motivations assez pauvres et à la créativité quasi-intexistante. Productions électroniques répétitives, ressemblantes et franchement pas originales. Au niveau des paroles, si un effort a été remarqué pour les couplets, avec certaines contrepetteries et jeux de mots (‘Têtu’, ‘J’en fais de trop’, ‘Une histoire sans faim’...), le manque d’inspiration se trahit vite par des refrains bâclés, et qui dans la majorité des cas se composent du titre de la chanson répété plusieurs fois (‘Regarde-moi’ qui reste le titre le plus “américain” de l’opus, ‘Volupté’, ‘Nous ne sommes pas des anges’.) On saluera quand même la performance de deux titres, le savoureux ‘Une histoire sans faim’, qui reste le morceau le plus humain du disque, ainsi que le (trop) court ‘J’en fais de trop’ qui s’illustre par des textes plutôt bien vus et une mélodie efficace (étonnamment les morceaux écrits par la miss-même). Retour gagnant vraiment pas pour cette fois au final, cet essai étant sans doute une des pires sorties françaises de cette année, bien que certaines bonnes idées auraient pu briller réellement (l’utilisation du violon le long de l’album par exemple). Lorie semble davantage se focaliser sur son image de chanteuse que sur la contenance de ses galettes, chose compréhensible face aux multiples moqueries subies. Mais paradoxalement au titre de l’album, plus grand monde ne s’occupe encore de regarder Lorie aujourd’hui, son temps étant totalement révolu et ses disques régissant dans les zones les plus abyssales des charts, et vu la qualité du projet, ce n’est pas nous qui allons nous plaindre. |